Comptabilité 2025 : ce qui a changé (et ce que ça vous coûte si vous ne le savez pas)

Stéthoscope et dossiers administratifs posés sur un bureau, main tenant un stylo

La comptabilité d’un médecin libéral n’a rien d’un simple classeur de factures à remettre une fois par an. Entre le choix du régime fiscal, le pilotage de la trésorerie, et des règles qui évoluent chaque année, c’est un poste qui demande une vigilance constante — et 2025 vient justement de rebattre une partie des cartes.

Fin de la
réduction OGA
depuis le 1er janvier 2025, les praticiens ne bénéficient plus de la prise en charge des 2/3 de leurs frais de comptabilité, même sous le seuil du micro-BNC

Un changement qui touche tout le monde

La suppression des organismes de gestion agréés (OGA) et de la réduction d’impôt associée est l’un des changements les plus concrets de 2025 pour les professions libérales. Concrètement, un médecin qui bénéficiait auparavant d’une prise en charge des deux tiers de ses frais de comptabilité doit désormais assumer ce coût intégralement — une charge nouvelle, sans changement dans le service rendu.

En parallèle, le plafond du régime micro-BNC est fixé à 83 600€ pour la période 2026-2028. Mais dans les faits, ce régime — abattement forfaitaire de 34% sans déduction des charges réelles — convient rarement à un médecin installé : la plupart ont des charges professionnelles (loyer, matériel, cotisations, assurance RCP) largement supérieures à 34% de leurs recettes, ce qui rend la déclaration contrôlée presque toujours plus avantageuse malgré sa complexité administrative accrue.

Le piège classique du jeune installé

Les experts-comptables spécialisés en santé alertent régulièrement sur un piège fréquent en début d’exercice : les cotisations sociales des deux premières années sont calculées sur des bases provisoires, souvent basses. Un jeune médecin qui dépense cette trésorerie apparente sans provisionner découvre parfois, un ou deux ans plus tard, une régularisation lourde qu’il n’avait pas anticipée.

83 600€
plafond du micro-BNC 2026-2028, rarement adapté à un cabinet installé
90-100k€
seuil de bénéfice annuel à partir duquel une SELARL devient pertinente
8-10 ans
horizon d’exercice recommandé avant de basculer en société (SELARL)

BNC ou société : un arbitrage qui se pilote, pas qui se subit

Au-delà d’un certain niveau de bénéfice (généralement 90 000 à 100 000€ par an), le passage en société d’exercice libéral (SELARL, SELAS) peut générer un gain net de charges typiquement compris entre 12 000 et 25 000€ par an, grâce à la dissociation entre rémunération et dividendes et à l’imposition à taux réduit de l’IS (15% jusqu’à 42 500€ de bénéfice, puis 25%).

Mais ce montage n’a rien d’automatique : il implique un changement de mode comptable qui peut créer des tensions de trésorerie durant les deux premières années, et son intérêt réel dépend étroitement du niveau de revenu, des projets professionnels, et de l’horizon d’exercice restant. Une simulation personnalisée reste indispensable avant toute décision.

Ce que ça change concrètement

Suivre les évolutions réglementaires (comme la suppression des OGA), choisir le bon régime fiscal, provisionner correctement pour éviter le piège des premières années, arbitrer entre BNC et société au bon moment : aucune de ces décisions ne relève de la médecine, mais chacune a un impact direct et durable sur le revenu net réellement disponible.

Un suivi régulier et anticipé — pas seulement une déclaration annuelle dans l’urgence — reste le meilleur moyen de transformer ces contraintes réglementaires en décisions maîtrisées plutôt que subies.

Sources : Contomed (cabinet d’expertise-comptable spécialisé professions de santé) ; Auctus Compta ; Fint.

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